
Une tension sociale a été observée ce lundi devant le siège de ICASEES, où des Agents Recenseurs (AR) et Chefs d’Équipe (CE), venus principalement de Bangui, Bimbo et Bégoua, ont entamé une grève pour dénoncer le non-paiement de certaines indemnités liées à leur participation au quatrième Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-4).
Selon le Collectif des Chefs d’Équipe et Agents Recenseurs, le mouvement fait suite à un avis de grève déposé conformément aux textes en vigueur.
Les grévistes réclament le paiement de dix jours d’indemnités, des primes de transport, ainsi que la rémunération de 18 jours supplémentaires de travail qu’ils estiment avoir effectués sans compensation financière.
Pour ces agents, il s’agit d’un manquement aux engagements contractuels pris au début de l’opération.
Ils se disent déterminés à maintenir la pression jusqu’à l’ouverture d’un dialogue permettant un règlement qu’ils souhaitent « rapide et équitable ».
Face à cette mobilisation, la Direction générale de l’ICASEES a publié un communiqué officiel afin d’apporter des clarifications et d’appeler à l’apaisement. Dans sa réponse, le Directeur général rappelle que la rémunération des agents recenseurs repose sur un principe fondamental : le salaire est la contrepartie d’un travail effectivement réalisé, selon une charge de travail clairement définie à l’avance.
Il précise que, pour le RGPH-4, un seuil de 300 ménages a été fixé comme charge normale pour chaque agent, avec des montants et indemnités correspondants arrêtés en concertation avec le partenaire financier, la Banque mondiale.
Toutefois, la Direction reconnaît que certains agents ont pu dépasser cette charge normale. À ce titre, elle indique que des frais complémentaires sont bel et bien prévus pour les agents ayant enquêté au-delà des 300 ménages, mais que leur paiement reste conditionné à l’Avis de Non Objection de la Banque mondiale, conformément aux procédures financières en vigueur.
Concernant la requête déposée par les agents le vendredi précédant la manifestation, la Direction générale estime qu’elle n’a pas encore suivi l’ensemble du circuit administratif nécessaire à son examen. Elle souligne qu’un traitement précipité de ces revendications, notamment sur des questions financières sensibles, exposerait l’Institut à des risques de non-conformité et pourrait compromettre les financements du projet.
Par ailleurs, l’ICASEES annonce qu’une seconde phase du recensement est prévue, avec des opérations de rattrapage et de ratissage dans certaines zones insuffisamment couvertes.
Les meilleurs agents, sélectionnés sur la base de la performance et de la qualité du travail fourni, pourraient être sollicités et bénéficier d’une rémunération supplémentaire.
Pour finir , si les agents recenseurs dénoncent ce qu’ils considèrent comme des retards de paiement et une injustice salariale, la Direction générale, de son côté, appelle au calme, au professionnalisme et au respect des procédures établies avec les partenaires techniques et financiers.
Elle réaffirme sa volonté de payer intégralement la rémunération due pour la charge normale de travail et de verser les frais complémentaires dès validation par la Banque mondiale, tout en maintenant le dialogue ouvert avec les représentants des agents.
Augier Ronald
